Chape traditionnelle pour un plancher bois

La nouvelle résidence étudiante Lucien Cornil, à Marseille, est pour l’heure le plus grand et le plus haut bâtiment en structure bois de France. La volonté de montrer les panneaux structurels en CLT a engendré le choix d’une solution de planchers inédite, avec la présence d’une chape traditionnelle.

Chapes-info.fr | Publié le 21 février 2018 | Par La Rédaction


La résidence Lucien Cornil en R+7, côté Nord. Seul le socle et les chapes dérogent à la voie sèche. [©Benoit Wehrlé]
La résidence Lucien Cornil en R+7, côté Nord. Seul le socle et les chapes dérogent à la voie sèche. [©Benoit Wehrlé]

Avec les 200 chambres de la résidence Lucien Cornil à Marseille, l’agence occitane A+ Architecture signe une réalisation sur le segment des logements étudiants qu’elle connaît bien. Et une seconde réalisation majeure en structure bois, après le théâtre Jean-Claude Carrière de Montpellier (34), Prix national de la construction bois dans la catégorie des “Bâtiments publics éducation & culture”. Il s’agit surtout de l’une des plus belles réalisations du premier plan quinquennal dit des “40 000 logements étudiants”, qui vient de s’achever et qui augure d’un nouveau plan de 80 000 logements annoncé. Le concours est remporté en 2015 et la mise en évidence de parois en bois massif y contribue sans doute. A l’époque, l’idée était d’empiler des modules en CLT1. Mais cela serait revenu à doubler le métrage d’onéreux panneaux massifs, à transporter du vide sur de longues distances, car les sites de préfabrication sont éloignés, et surtout à engorger un espace de construction exigu, situé au beau milieu d’un quartier dense de Marseille (13).

 

L’une des chambres d’angle PMR avec toujours la présence du bois. [©Benoit Wehrlé]
L’une des chambres d’angle PMR avec toujours la présence du bois. [©Benoit Wehrlé]

Retour à la 2D
Fort des compétences de sa division Arbonis, Vinci Construction France, relayé à Marseille par Travaux du Midi, va mettre tout son savoir-faire dans la balance, pour permettre au projet de respecter des délais très courts. Il s’agit alors de revenir sur l’option initiale modulaire pour n’utiliser des panneaux CLT en 2D que là où ils s’avèrent nécessaires : en refends séparatifs, le long des circulations et en planchers à sous-face apparente. Dans les chambres, un pan de mur est laissé apparent et dans la pièce contigüe, un doublage acoustique vient en renforcer la performance. De même, les doublages acoustiques sont disposés de façon à laisser apparents les panneaux CLT, qui longent les circulations. Le bois apporte de la chaleur, un peu en compensation d’un revêtement de sol carrelé, choisi pour sa robustesse et sa facilité d’entretien. D’autant que par respect du projet primé, la sous-face de chaque plancher est apparente elle aussi.

 

L’étage est recouvert dès que possible. Les salles de bains modulaires et les big bags tels quels. [©A+Architecture]
L’étage est recouvert dès que possible. Les salles de bains modulaires et les big bags tels quels. [©A+Architecture]
Les gravillons vont enrober des réseaux. [©A+Architecture]
Les gravillons vont enrober des réseaux. [©A+Architecture]

Un PV acoustique
Le carrelage en revêtement, le panneau CLT visible est donc dépourvu d’un faux-plafond acoustique. Voilà qui pose tout de même un problème, en termes de respect de la réglementation acoustique (NRA). Les bruits d’impacts peuvent être jugulés par le recours à une chape flottante, même si cette chape s’invite dans un environnement constructif sec. Les bruits aériens s’avèrent plus délicats à traiter. Non seulement du fait des transmissions solidiennes latérales, mais aussi à cause d’un défaut de masse de la dalle elle-même. Arbonis dispose cependant d’un PV acoustique autrichien réalisé en 2012 in situ pour le fournisseur des panneaux en bois massif KLH (suppléé en France par la société Lignatec).

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