Les chapes fluides : tout un univers

En une quinzaine d’années, les chapes fluides se sont implantées sur le marché français. Il en existe, aujourd’hui, neuf types... répartis entre trois grandes familles : ciment, sulfate de calcium et liants spéciaux, sans compter les chapes légères, proposées désormais en solutions fluides. Tour d’horizon des tendances actuelles...

Chapes-info.fr | Publié le 23 novembre 2017 | Par Aurélie Cheyssial


> Nées en Allemagne

Commercialisée depuis 2012 dans le cadre de la nouvelle Réglementation thermique, La Chape Liquide Thermio+ d’Anhydritec est reconnaissable à sa coloration saumonée. [©Anhydrytec]

Aujourd’hui, une cinquantaine de chapes fluides sont dénombrées par le GS 13, groupe spécialisé dédié au procédé pour la mise en œuvre des revêtements de sol, qui dépend de la Commission chargée de formuler les avis techniques (CCFAT). Elles sont classées dans trois familles, déterminées par le type de liants, qui les constitue : chapes fluides ciment, chapes fluides sulfate de calcium (aussi appelées chapes fluides anhydrite) et chapes fluides à liants spéciaux. Si les chapes fluides sulfate de calcium sont les plus anciennes et les plus fréquentes sur le marché européen, les deux autres types, liés à l’industrie cimentière, sont principalement distribués sur le territoire français.
Les chapes fluides sulfate de calcium sont nées en Allemagne, il y a une soixantaine d’années, et se sont implantées en France sous l’impulsion de La Chape Liquide (aujourd’hui Anhydritec) dans les années 1990. Ayant connu un fort succès dès leur démarrage, ces produits sont toujours plébiscités pour leur faible retrait et leur stabilité. Ne faisant que très peu de fissurations, ces chapes ont surtout la capacité d’être coulées sur des surfaces très importantes, sans joints de fractionnement (jusqu’à 1 000 m2, selon les cas). Les premières chapes mises sur le marché (C20 F4), ont fait l’objet d’un Cahier des prescriptions techniques (CPT), dès 2006. Tronc commun des Atec/DTA, ce dernier regroupe l’ensemble des préconisations communes à ce type de chapes.

L’atout “sulfate de calcium”

Avant la mise en œuvre, le chapiste contrôle la qualité de la chape avec le test du cône de Marsh (contrôle de la capacité à l’écoulement). [©Bostik]
Avant la mise en œuvre, le chapiste contrôle la qualité de la chape avec le test du cône de Marsh (contrôle de la capacité à l’écoulement). [©Bostik]


Mais cette simplification s’accompagne d’un élargissement de gammes, qui deviennent toujours plus spécifiques. Aujourd’hui, il existe ainsi cinq sous-familles de chapes fluides sulfate de calcium : avec ponçage, sans ponçage, compatibles avec un plancher rayonnant électrique (PRE), limitées à une pose sur plancher chauffant simple et interdites sur plancher chauffant.
D’une manière globale, les chapes sulfate de calcium sont sensibles à l’humidité et moins résistantes que les fluides ciment. Elles sont ainsi limitées, selon le classement UPEC, aux locaux les plus classiques, à savoir des intérieurs à faibles sollicitations P3 et aux environnements E2, nécessitant un entretien usuel par voie humide. Leur principal désavantage reste le temps de séchage avant la pose du revêtement, qui avoisine généralement une semaine par centimètre d’épaisseur. Sous peine de désordres, la chape fluide sulfate de calcium ne doit présenter, après mesure par la méthode de la bombe au carbure, qu’une humidité résiduelle de 0,5 % ou 1 % dans le cas de carrelage en locaux E1. Cette caractéristique de la chape sulfate de calcium doit particulièrement être prise en compte depuis l’application de la RT 2012, qui demande des bâtiments étanches à l’air et à l’eau. La version 3 du CPT “Chapes fluides à base de sulfate de calcium” de janvier 2015 a ainsi rajouté l’article 6.5.2, qui spécifie que “sauf à pouvoir procéder à une aération du locale, l’utilisation d’un déshumidificateur doit être envisagée dès 4 j après le coulage de la chape”. >

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