Les chapes fluides : tout un univers

En une quinzaine d’années, les chapes fluides se sont implantées sur le marché français. Il en existe, aujourd’hui, neuf types... répartis entre trois grandes familles : ciment, sulfate de calcium et liants spéciaux, sans compter les chapes légères, proposées désormais en solutions fluides. Tour d’horizon des tendances actuelles...

Chapes-info.fr | Publié le 23 novembre 2017 | Par Aurélie Cheyssial


> La riposte des “ciments”

L’essor et le succès des chapes fluides sont liés au développement du chauffage par le sol. [©Technisol]
L’essor et le succès des chapes fluides sont liés au développement du chauffage par le sol. [©Technisol]

Dans les années 2000, sentant le potentiel de développement des chapes fluides, cimentiers et adjuvantiers se sont lancés dans l’aventure, en proposant des chapes fluides à base ciment. Nés dans la mouvance des bétons auto-plaçants, ces produits sont formulés sur la base de ciment, d’eau et d’adjuvants spécifiques. Le CPT “Chapes ciment” n’est paru qu’en juillet 2016.
Plus résistantes que les sulfates de calcium, les chapes fluides ciment vont jusque dans des locaux P4 et offrent un meilleur comportement à l’eau que les sulfates de calcium, puisqu’elles sont estampillées E3 selon le classement UPEC. Bénéficiant d’un temps de séchage plus court que les “sulfates de calcium”, les chapes fluides ciment peuvent être recouvertes à partir de 14 j de séchage. En revanche, leur recouvrement est limité dans le temps. Car le gros désavantage des chapes fluides ciment reste les risques de fissuration et de tuillage qu’elles engendrent. Le CPT signale d’ailleurs ce “comportement intrinsèque de la chape fluide ciment”. En cause, le retrait lors du séchage. Contrairement à la chape sulfate de calcium, la chape fluide ciment doit conserver son eau le plus longtemps possible. C’est le rôle du produit de cure, pulvérisé au moment de sa pose, et qu’assure ensuite le revêtement de sol une fois le ponçage effectué.

 L’alternative des “liants spéciaux”

La chape fluide Belitex de Chryso s’inscrit dans la “petite” famille des chapes à liants spéciaux. [©Chryso]
La chape fluide Belitex de Chryso s’inscrit dans la “petite” famille des chapes à liants spéciaux. [©Chryso]


L’article 6 du CPT prévoit ainsi que “un accord sur le planning du déroulement des travaux doit être trouvé entre les différents intervenants, afin de fixer une date de coulage de la chape, qui permette la pose du revêtement de sol (après mise en chauffe en cas de plancher chauffant) dans un délai de 8 semaines […]. Ce planning devra intégrer le ponçage de la chape 8 j au plus avant la mise en œuvre du revêtement de sol. Au-delà de ce délai de 8 semaines, le revêtement pourra néanmoins être posé après d’éventuelles réparations de la chape”.
L’autre désagrément au regard des chapes fluides sulfate de calcium reste l’obligation de réaliser des joints de fractionnement (profilés ou sciage) plus fréquents. Selon les recommandations des différents Avis techniques, ces derniers peuvent être nécessaires dès que la surface dépasse 40 m2. Cependant, certaines chapes fluides ciment peuvent aller bien au-delà, avec des capacités de produire des surfaces jusqu’à 200 m2.
Avec le temps, chapes sulfate de calcium et chapes ciment se sont rapprochées de par leur composition et leurs formules, chacune voulant bénéficier des avantages des autres et ainsi conquérir son marché. Mais, en 2011, la Technis R de Bostik a obtenu son Atec. Ne pouvant la placer ni dans une famille, ni dans l’autre, le GS 13 a élaboré la famille des chapes à liants spéciaux. Famille rejointe, en juillet 2016, par la chape fluide Belitex de Chryso.

Les P4S fluides dans les starting-blocks

Pouvant être liées au retrait naturel de la chape ciment, la plupart des fissures apparaissent lors du séchage avant la pose du carrelage. Mais les réparations sont possibles. [©Weber]
Pouvant être liées au retrait naturel de la chape ciment, la plupart des fissures apparaissent lors du séchage avant la pose du carrelage. Mais les réparations sont possibles. [©Weber]


Objectif de cette nouvelle famille : cumuler les avantages des deux types de chapes fluides, en associant le comportement mécanique des “ciments”, au faible retrait et au coulage de grandes étendues sans joints de fractionnement des “sulfates de calcium”. Plus onéreuses que leurs homologues, les chapes à liants spéciaux n’ont pas supplanté les deux autres familles, mais ont néanmoins trouvé leur place sur ce marché foisonnant et concurrentiel.
Le monde des chapes évolue très vite, chacun voulant se démarquer, trouver sa place ou s’imposer. Cette recherche de parts de marché a d’abord entraîné le développement de produits toujours plus performants ou plus simples à mettre en œuvre, comme les chapes sans ponçage ou les chapes minces. Puis, ce fut la naissance de produits de plus en plus spécifiques à leur destination comme les chapes fluides sulfate de calcium C16 F3, qui, offrant moins de résistance que les C20 F4, ne pouvaient convenir sur un chauffage au sol, mais permettaient de faire baisser les coûts quand ce chauffage n’était pas de mise. Aujourd’hui, les industriels planchent sur la sortie de chapes fluides P4S (locaux à fort trafic : typiquement, achalandage des rayons alimentaires d’un hypermarché et entretien fréquent). Objectif : grappiller un peu le marché des mortiers pour chapes rapides, jusqu’ici exclusivement réservé aux mortiéristes. Alors que Lafarge a tout récemment obtenu son Atex de type A pour un produit de cette catégorie, d’autres industriels sont déjà dans les starting-blocks avec leurs propres solutions. >

Pages : 1 2 3 4