Fissurations des chapes : Un sujet complexe


Chapes-info.fr | Publié le 9 mars 2017 | Par Aurélie Cheyssial


Liées au retrait excessif de la chape, la plupart des fissures apparaissent lors du séchage, avant la pose du carrelage. [©UNECB-FFB]
Liées au retrait excessif de la chape, la plupart des fissures apparaissent lors du séchage, avant la pose du carrelage. [©UNECB-FFB]

Pour les carreleurs, le résultat n’est pas brillant. Selon le dernier rapport “Sycodés 2016 – Pathologie” de l’Agence Qualité Construction (AQC), les revêtements de sols carrelés sont parmi les éléments d’ouvrage les plus souvent sujets aux sinistres, générant ainsi des coûts de réparation parmi les plus élevés. Résultat : des primes d’assurance, qui ne cessent de grimper et qui pénalisent ces professionnels. Par contre, la cause de ces désordres semble parfois difficile à trouver. « Au niveau du carrelage, la pathologie est claire. Ce sont des décollements et des fissurations, explique-t-on à l’Union nationale des entrepreneurs céramistes du bâtiment (UNECB-FFB). Mais l’analyse de la cause est loin d’être évidente. Est-ce la chape ou le support qui a bougé ? A-t-elle fissuré ? Les joints de fractionnement ont-ils été réalisés dans les règles de l’art ? Y a t-il eu un mouvement de terrain ou un mauvais collage ? »
Disponibles auprès de l’AQC, les seuls chiffres officiels prouvent que 42 % des désordres sont liés à une inadaptation du support, 27 % à une absence, une insuffisance ou une inadaptation du joint, 17 % à un défaut de collage ou de scellement et enfin, 2 % à une inadaptation de l’isolant.

Les limites de la “décennale”
Le phénomène de fissuration n’est pas toujours pathologique. En premier lieu, les micro-fissures, apparues lors du séchage d’une chape mesurant moins de 0,3 mm, sont normales si elles apparaissent et n’impactent pas le revêtement posé par-dessus. Les fissures plus importantes seront, quant à elles, réparées avant la pose collée du carrelage en suivant la procédure décrite dans les Avis techniques. Restent les fissures survenues une fois le carrelage posé. « Les seuls désordres pris en charge par l’assurance décennale sont ceux, qui créent une impropriété à destination, c’est-à-dire lorsqu’ils empêchent l’utilisation normale de l’ouvrage. On allègue cette inaptitude, quand il y a atteinte à la sécurité des personnes, des questions d’hygiène ou de pénétrations d’eau », indique Stéphane Orsetti, chargé de mission pour Socabat GIE, réseau d’experts du groupe SMA (spécialiste de l’assurance de biens et de responsabilités, de l’assurance construction). Ainsi, seules les fissurations de chape, se traduisant sur le carrelage par des fissures désaffleurantes, entraîneront la prise en charge de réparations par l’assurance décennale. Cette dernière ne prendra en compte le défaut esthétique, type pliures ou micro-fissures non désaffleurantes, que pour certains ouvrages de prestige, tels le hall d’une grosse entreprise de luxe, un musée, un château…

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