Maison individuelle : Des chiffres en baisse et des perspectives incertaines

Pour LCA-FFB, l’activité du secteur de la maison individuelle reste incertaine, avec une baisse des ventes brutes estimée de 8 à 10 %.

Chapes-info.fr | Publié le 22 février 2018 | Par Sivagami CASIMIR


Les ventes de maisons individuelles pourraient baisser de 8 à 10 % en 2018. [©Amibois-Siba]
Les ventes de maisons individuelles pourraient baisser de 8 à 10 % en 2018. [©Amibois-Siba]

Après deux années de croissance à deux chiffres (+ 13,7 % en 2015 et + 19,5 % en 2016), les ventes de maisons neuves n’ont pas tenu le choc en 2017. Les hésitations des ménages suites aux différentes annonces de réformes des aides au logement y sont pour beaucoup. Les ventes brutes de maisons individuelles en secteur diffus ont atteint l’an dernier 135 000 unités au lieu des 140 000 prévues par LCA-FFB à mi-parcours. En région, seules cinq ont connu un taux de croissance positif : l’Ouest avec la Bretagne (+ 7 %) et les Pays de la Loire (+ 5 %), le Sud-Est avec Auvergne – Rhône-Alpes (+ 6 %) et Paca (+ 6 %), ainsi que le Grand Est (+ 3 %). L’activité commerciale reste stable en Nouvelle-Aquitaine (0 %). En revanche, les ventes de maisons individuelles reculent en Ile-de-France (- 2 %), en Occitanie (- 2 %) et en Centre – Val de Loire (- 4 %). Elles chutent de 7 % en Normandie et de 8 % dans les Hauts-de-France.

Des perspectives incertaines pour 2018
Les Constructeurs et aménageurs de la Fédération française du bâtiment (LCA-FFB) estiment que l’activité du secteur de la maison individuelle reste incertaine pour l’année 2018. En effet, les ventes brutes pourraient diminuer de 8 à 10 % par rapport à l’année passée. Et ce, selon LCA-FFB, en raison des mesures gouvernementales. Le premier semestre devrait afficher de bons chiffres, compte tenu des ventes accumulées jusqu’en octobre 2017 et du délai d’environ huit mois entre la signature d’un contrat et l’ouverture du chantier, tandis que le deuxième devrait être marqué par une inflexion négative. Cette situation s’expliquerait par la suppression de l’APL Accession et une baisse des Prêts à taux zéro (PTZ) dans les villes moyennes et les zones rurales. Alors que six ménages sur dix, qui bénéficient du PTZ, y résident. Le prêt verra la part de l’achat financée à taux zéro, ramenée à 20 %, contre 40 % dans les zones dites « tendues », celles où la demande de logement excède largement l’offre.
Pour LCA-FFB, « de plus fortes inquiétudes encore pèsent sur l’activité de production en 2019 ». Les professionnels souhaiteraient ainsi le rétablissement des l’APL Accession. Dans le cadre de la conférence de consensus sur le logement initiée par le Sénat, LCA conjointement avec la FFB ont aussi déposé leurs propositions pour la nouvelle loi Logement. Les deux organisations préconisent de faciliter les démarches urbaines et foncières, de poursuivre et d’accentuer la simplification normative et réglementaire. Ou encore mieux d’adapter le zonage d’aides à forte demande de logement.