Sommaire du dossier :
- Biosourcés, géosourcés : Les sols évoluent
- Des chapes fluides et des biomatériaux
- La chape légère version biosourcée
- Chaux et chanvre, solution historique
- Des solutions plus exotiques
Premier arrêt sur la route du biosourcé, les chapes fluides ciment. Si cela ne paraît pas le secteur le plus intuitif pour du biosourcé, il n’empêche, les chapes fluides en intègrent. Et même de plus en plus. Au fur et à mesure que les micro-fibres propylène sont remplacées par des fibres issues du végétal. « Aujourd’hui, environ 70 % de nos chapes fluides comportent une micro-fibre biosourcée, la SikaFiber-200 Végétal, explique Joachim Monge, chef de marché BPE de Sika France. Sur des chantiers spécifiques, type planchers chauffants et locaux P4, nous passons sur des macro-fibres non biosourcées. »
Même idée chez Master Builders Solutions (MBS). « Nous disposons de la MasterFiber 070 NB pour Natural Based, fabriquée à base de sisal, explique Thibault Guedon, chef de marché adjuvants BPE. Nous avons mis du temps à trouver une référence pertinente, mais cette micro-fibre nous permet de remplacer les micro-fibres polypropylène. Nous l’utilisons dans les chapes depuis juillet 2025 et aujourd’hui, environ un tiers de nos centrales l’utilise. »
Supprimer les rejets de plastiques
L’intérêt du biosourcé est d’abord de réduire l’empreinte carbone. « Bien entendu, faire appel à des matériaux biosourcés nous permet de baisser les émissions globales de nos chapes, souligne Joachim Monge (Sika). Toutefois, les micro-fibres ne représentent rien dans le poids global d’un bâtiment. Ce qui limite leur impact sur l’empreinte carbone de l’enveloppe globale. Mais, ces micro-fibres nous permettent d’éliminer le plastique qui compose nos anciennes fibres. » Ce qui anticipe un avantage. « Une loi est en préparation sur les micro-plastiques, abonde Thibault Guedon (MBS). Nous ne savons pas encore avec précision ce qu’elle contiendra, mais le but est sans aucun doute de les limiter. Et d’un point de vue éthique et citoyen, se passer d’une source plastique est un pas dans le bon sens. »
Autre avantage de la micro-fibre végétale : sa recyclabilité. « En effet, cela va dans le sens de la loi en préparation, confirme Joachim Monge (Sika). Avec ces fibres, les chapes sont plus faciles à recycler et l’on évite les rejets dans l’environnement. Que ce soit au moment de la déconstruction, comme pour les eaux de lavage en centrale. » Ce qui est confirmé chez MBS : « Nous avons fait des tests de biodégradabilité. En condition normale, nous sommes arrivés à des résultats supérieurs à 60 % à 14 j et proches de 79 % à 99 j… »
Des limites et des possibilités
Reste quelques obstacles. « Souvent, nos clients ont besoin de voir ce qu’ils achètent, les micro-fibres sont si petites qu’il est parfois difficile de les convaincre, insiste Joachim Monge (Sika). Mais la vraie limite est les chantiers sur lesquels il y a un besoin de résistance au feu… Nous faisons des recherches dans ce cadre. » Développer ces solutions signifie aussi développer la filière. « Pour notre fibre de sisal, nous avons passé du temps pour trouver le bon matériau biosourcé, faire des tests de qualité et enfin, monter des partenariats avec les agriculteurs. Ce fut un long processus. »
Un processus qui pourrait se poursuivre si les industriels envisageaient de continuer sur la voie des biomatériaux. Ou des matériaux géosourcés. « Cela ne nous poserait pas une problématique majeure de formuler des chapes fluides avec des sables recyclés, explique Joachim Monge (Sika). Nous le faisons pour le béton avec des granulats recyclés. La question tournerait autour de la qualité de la ressource disponible. Ce serait sans doute trop hétérogène pour des sables issus de la démolition que nous tenterions de réutiliser sur place. Il nous faudrait alors formuler une chape par chantier. En revanche, utiliser des sables recomposés en carrières, cela serait tout à fait possible. » Avec une limite normative. « Pour le moment, les choses me semblent difficiles dans le cadre de la QB46, détaille Thibault Guedon (MBS). Mais cela ne représente pas un grand défi technique. »
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