Alors que le bâtiment traverse une crise historique, la Fédération française du bâtiment (FFB) dénonce un coup dur pour les entreprises. A savoir, la hausse du coût du travail envisagée dans le cadre du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027. Ce projet renchérirait le coût du travail de plus de 11 Md€. Soit 1,6 % de la masse salariale du secteur privé. Sur ce montant, quelque 9,3 Md€ résulteraient de la seule remise en cause des allègements généraux de cotisations patronales. En l’espèce, le gel de la réduction générale malgré la revalorisation du Smic. Mais aussi l’intégration de l’intéressement, de la participation, de l’abondement et de la prime de partage de la valeur dans son calcul.
Chaque euro de charge supplémentaire compte…
Pour les artisans et entrepreneurs du bâtiment, déjà confrontés à quatre années de recul de l’activité, à des carnets de commandes fragilisés et à des marges réduites, cette perspective est inquiétante. En effet, dans ce secteur, où la main-d’œuvre représente une part essentielle des coûts de production, chaque euro de charge supplémentaire compte. Cette hausse des charges pourrait freiner les recrutements, compromettre les augmentations salariales et aggraver les suppressions d’emplois dans un secteur, qui emploie plus de 1,2 M de salariés.
Un paradoxe alors que les besoins en logements et en rénovation restent considérables. Comment alors relancer la construction, répondre aux besoins des Français et accélérer la transition énergétique si les acteurs qui réalisent les travaux sont eux-mêmes fragilisés ?
Pas besoin de nouvelles charges
La FFB appelle donc le gouvernement et les parlementaires à revoir leur copie et à préserver les allègements de charges indispensables à l’emploi. Elle refuse que les entreprises du bâtiment deviennent une nouvelle variable d’ajustement budgétaire !
« Nos artisans et entrepreneurs ont besoin de commandes, de visibilité et de stabilité, pas de nouvelles charges ! A force de renchérir le travail, on finit par décourager ceux qui créent de l’activité et de l’emploi. Il est temps de changer de cap et de laisser nos entreprises travailler ! », insiste fermement Frédéric Carré, président de la FFB.