Une expression pourrait résumer à elle seule la situation actuelle : “A touché le fond, mais creuse encore !” Il est vrai qu’avec un recul sur douze mois de 11,3 % dans le domaine du BPE (incluant les chapes fluides), il est difficile de dire autre chose. « En 2024, nous avons atteint le seuil des 33 Mm3 et cette baisse devrait encore se poursuivre en 2025, du moins sur le premier semestre. C’est là le score le plus bas jamais atteint par le secteur », confirme Carole Deneuve, chef du service économique et statistique de l’Unicem. Une part de ce résultat est le fait de la conjoncture. « Une conjoncture multi-factorielle… » Déjà la flambée des prix liée en particulier à la guerre en Ukraine : pétrole, énergies, matières premières. A quoi s’est ajoutée, en France, l’arrivée de nouvelles normes dans le domaine de la construction neuve. Résultat : une forte inflation et, donc, une augmentation du coût de la construction. Et comme les dix plaies d’Egypte, les choses ne se sont pas arrêtées en si bon chemin. « En quelques mois, les taux d’intérêt sont passés de 1 à 4 points. Très longtemps, nous avons été biberonnés à une inflation faible et des taux faibles… » Bien entendu, le Haut conseil de stabilité financière en a profité pour durcir les critères d’octroi des crédits, en termes de niveau d’apport, de marges… Et les banques ne se sont pas faites prier pour les appliquer avec zèle !
Et que dire de la loi Zéro artificialisation nette, qui aboutit à une raréfaction du foncier ? Par effet d’anticipation, nombre de donneurs d’ordre publics ont gelé certains projets, renchérissant d’autant le peu de terrains disponibles. Pour mémoire, le foncier représente près d’un tiers du prix global d’une construction.
Le temps des taux bas est derrière nous
Aujourd’hui, la construction est très ralentie. « Nous sommes à 250 000 logements par an, alors qu’il en faudrait 100 000 de plus pour être à l’équilibre entre l’offre et la demande », confirme Carole Deneuve. Bien entendu, côté investissements des entreprises, les choses ne sont pas plus brillantes. Là aussi, c’est le calme plat. « Les entreprises ont horreur de l’incertitude. Dans la situation actuelle, elles préfèrent attendre pour voir… », explique Alain Plantier, président de l’Unicem.
Alors que faire ? Les incantations n’étant pas d’un grand secours en économie – même si certains seraient tentés de le croire… -, des réponses rationnelles semblent de meilleur augure. Une désinflation est un bon début. Des prises de décisions pour un retour de la confiance aussi. Et puis, des soutiens financiers. « Il ne faut pas espérer une baisse des prix de la construction ni celle des taux, estime Carole Deneuve. Le temps des taux bas est derrière nous… » Augmenter l’offre semble donc une mesure de bon sens. Tout comme trouver une remplaçante à la loi Pinel qui, miracle, a été prolongée jusqu’au 31 mars 2025. Mais au-delà ? Reste le Prêt à taux zéro, très souvent considéré comme un apport personnel, ce qui est une bonne chose. Il ne faut pas oublier non plus le marché de l’ancien, qui voit ses prix baisser. C’est sans doute de ce côté-là qu’une certaine croissance est à trouver…
La loi Zan favorise la verticalité des constructions
Comme rappelé en introduction, le BPE n’est pas en grande forme. Toutefois, ces mauvais résultats ne doivent pas être imputés à la seule conjoncture. L’entrée en application de la RE 2020 n’y est sans doute pas tout à fait étrangère. « Aucun chiffre ne vient corroborer un quelconque recul de la consommation de béton liée aux exigences de la RE 2020 », confirme Jean-Marie Modica, président du SNBPE. En fait, ce type de recoupement reste très difficile à réaliser… Mais des influences doivent exister. Les modes constructifs mixtes se déploient, augmentant la part de certains matériaux au détriment d’autres.
Vincent Larrochette à la tête de l’Unicem Bourgogne – Franche-Comté
« A la commission Développement du SNBPE, nous essayons de mieux identifier la destination de nos matériaux et de connaître l’impact réel de la RE 2020 sur notre activité. » D’autant que d’autres règles tendent à augmenter l’utilisation du béton. « La loi Zan favorise la verticalité des constructions pour en réduire la surface au sol. Le nombre de planchers se multiple au même titre que les parkings en sous-sol », conclut Jean-Marc Modica. Comme quoi, dans le domaine de la construction, il n’y a pas de vérité absolue.
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