Au fil des ans et des réglementations, la projection de mousse polyuréthane s’est renforcée de pratiques et d’obligations. Avec un unique objectif : assurer toujours un peu plus la sécurité des opérateurs. Mais pour évaluer les pratiques des entreprises en matière de protection et mieux les conseiller, l’Unecp-FFB a sollicité l’APST-BTP-RP, la FFB et l’OPPBTP. La demande concernait la réalisation « d’une étude ayant pour objectifs finaux de faire évoluer les moyens de protection collective et individuelle protégeant les opérateurs des risques auxquels ils sont exposés. Ceci, dans le cadre de l’exécution de ce type de travaux ».
Cette étude de plus de 90 p est désormais disponible. Elle analyse les pratiques des projeteurs et propose des pistes d’amélioration. Nous vous en livrons les grandes lignes. Mais l’ensemble de l’étude est disponible en suivant ce lien.
Des recommandations issues de l’observation sur chantier
La méthodologie mise en œuvre pour réaliser cette étude comprend une phase d’observation de l’activité et de prise de mesure sur 15 chantiers. Données compilées entre le mois de juillet 2022 et le mois de décembre 2023. Cette étape a été suivie d’une analyse et d’une interprétation des résultats. De quoi permettre de définir des critères en lien avec les conditions d’exécution du travail, intégrant la prévention des risques liés aux diisocyanates.
Plusieurs constatations ont pu être faites :
- La grande variabilité des concentrations en MDI mesurées d’un chantier à l’autre. Ce résultat dépend de la configuration des locaux et d’une phase de travail à l’autre (en particulier entre la projection et le ponçage) ;
- Certaines concentrations en MDI dépassent la valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP) ;
- Les concentrations en MDI dépendent de l’organisation du travail et de l’ordonnancement des tâches ;
- La phase de projection est beaucoup plus exposante que la phase de ponçage ;
- Certains équipements de protection individuelle ne sont pas toujours adaptés ;
- Des typologies de chantiers ne permettent pas toujours l’accès, pour les opérateurs, à des installations d’hygiène, pendant les travaux et pour les pauses ;
- Pour les chantiers limités en durée à une journée, une réalisation des travaux principalement avant la pause méridienne, ponctuée de quelques courtes pauses liées au besoin d’enlever ponctuellement la protection respiratoire portée.
En résumé, le rapport souligne l’importance « de l’organisation du chantier, de la formation des opérateurs. Mais aussi de l’utilisation adéquate des EPI adaptés, tels que les combinaisons jetables. Ou encore les appareils de protection respiratoire et les gants spécifiques ».
Des gestes simples à adopter
Le rapport détaille ensuite les pistes pour améliorer la prévention des risques liés aux diisocyanates. Sans doute, la partie la plus intéressante à lire, à adapter et à appliquer au quotidien :
- La préparation du chantier, la mise à disposition d’installations d’hygiène (point d’eau, WC), la dotation, la gestion et la maintenance des EPI ;
- L’organisation du chantier, de la protection et du calfeutrement de la zone de travail, le maintien d’une ouverture sur l’extérieur. Mais aussi le séquençage des tâches de projection et de ponçage (réalisation distincte, successive et dans des pièces différentes). Sans oublier, le respect d’une durée minimale d’aération de 1 h entre la projection et le ponçage pour chaque pièce ;
- La formation des opérateurs à l’utilisation sûre des diisocyanates, ainsi qu’au port et à l’entretien des EPI ;
- Le choix des EPI appropriés pour chaque phase de travail, les dispositions pour leur entretien et leur renouvellement et les consignes associées.
Arrêtons-nous sur ce dernier point essentiel. La protection respiratoire à adduction d’air est à privilégier. En effet, elle offre un meilleur confort et une protection continue durant les phases de projection et de ponçage. La protection de la peau nécessite l’utilisation d’une combinaison jetable de type 5/6. Celle-ci doit être changée chaque jour ou dès qu’elle est endommagée. Les gants doivent être adaptés aux risques mécaniques et chimiques, avec un renouvellement régulier. En particulier pour les gants à usage unique qui doivent être remplacés après chaque utilisation. Le ponçage peut générer un bruit dépassant les seuils réglementaires. Ce qui rend nécessaire le port de protections auditives pour le ponceur et les autres opérateurs intervenant à proximité.
Ces recommandations visent à minimiser les risques pour la santé des travailleurs en assurant une gestion rigoureuse des chantiers et des équipements associés.


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